
La question revient à chaque flambée des prix, et elle mérite mieux qu'une réponse de principe. Oui, rouler moins vite fait consommer moins, et l'effet est important. Reste à savoir de combien, ce que ça coûte en temps, et si d'autres gestes ne rapportent pas davantage pour moins d'efforts.
Un véhicule qui roule combat deux forces principales. Le frottement des pneus sur la route, à peu près proportionnel au poids et assez peu à la vitesse. Et la résistance de l'air, qui augmente avec le carré de la vitesse. Comme la puissance à fournir est le produit de la force par la vitesse, la puissance nécessaire pour vaincre l'air croît avec son cube.
Les conséquences sont brutales. À 50 km/h, l'aérodynamique compte peu. À 130 km/h, elle représente l'essentiel de l'effort demandé au moteur. C'est exactement pour cette raison que l'économie réalisée en levant le pied est spectaculaire sur autoroute et anecdotique en ville.
L'ordre de grandeur retenu par l'ADEME pour un passage de 130 à 110 km/h est une baisse de consommation d'environ 20 %, avec une fourchette allant d'à peu près 17 à 25 % selon le véhicule, sa forme et sa motorisation. Un monospace élevé y gagne davantage qu'une berline profilée.
| Vitesse | Consommation | Coût aux 100 km (gazole) | Coût aux 100 km (SP95-E10) |
|---|---|---|---|
| 130 km/h | 7,00 L/100 | 16,58 € | 15,23 € |
| 110 km/h | 5,60 L/100 | 13,27 € | 12,18 € |
Rapporté à l'année, l'effet devient significatif pour un gros rouleur. Un conducteur qui parcourt 15 000 kilomètres d'autoroute par an économise de l'ordre de 497 euros en abaissant sa vitesse de croisière. Pour quelqu'un qui ne fait que quelques trajets longs par an, l'économie se compte en dizaines d'euros et pèse beaucoup moins que le choix de la station.
La baisse de consommation est estimée sur la variation du carré de la vitesse.
L'estimation applique la part aérodynamique de la consommation, proportionnelle au carré de la vitesse, à hauteur de 70 % de la consommation à 130 km/h. Elle reproduit l'ordre de grandeur de 20 % entre 130 et 110 km/h et reste une approximation, la valeur exacte dépendant de la forme du véhicule et de sa motorisation.
Le contre-argument classique mérite d'être chiffré lui aussi. Sur 500 kilomètres parcourus sans interruption, rouler à 110 plutôt qu'à 130 allonge le trajet d'environ 42 minutes. Rapporté à l'économie réalisée, cela revient à « gagner » 23,71 euros par heure de trajet supplémentaire.
Chacun jugera si l'échange est intéressant. Deux nuances méritent toutefois d'être posées. La première est que l'écart réel est plus faible que l'écart théorique, parce que les péages, les pauses, les ralentissements et les zones de travaux lissent la vitesse moyenne dans les deux cas. La seconde est que rouler à 110 se fait sans effort avec un régulateur, alors que tenir 130 exige davantage d'attention et fatigue plus sur un long trajet.
Lever le pied n'est pas le seul levier, et certains coûtent zéro minute de trajet.
Sur un parcours urbain, la vitesse de pointe ne veut plus rien dire. Ce qui consomme, ce sont les accélérations et l'énergie dissipée à chaque freinage, ainsi que les phases de moteur froid, pendant lesquelles la consommation peut être très supérieure à la normale sur les premiers kilomètres.
Les leviers changent donc de nature : anticiper les feux, éviter les trajets très courts moteur froid, regrouper les déplacements, et arbitrer les petits parcours au profit d'un autre mode de transport quand c'est possible. Sur ce terrain, une motorisation hybride creuse un écart bien plus important que n'importe quelle discipline de conduite.
Pour comparer deux trajets complets, carburant et distance compris, notre calculateur de coût de trajet donne le montant exact selon votre véhicule et le carburant retenu.
L'ADEME retient une baisse de consommation de l'ordre de 20 %, avec une fourchette allant d'environ 17 à 25 % selon le véhicule. Sur une voiture consommant 7 litres aux 100 kilomètres à 130 km/h, cela représente environ 1,4 litre aux 100 kilomètres, soit à peu près 3 euros pour 100 kilomètres d'autoroute aux prix actuels.
Parce que la résistance de l'air augmente avec le carré de la vitesse, et la puissance nécessaire pour la vaincre avec son cube. Au-delà d'environ 80 km/h, l'aérodynamique devient la principale force à combattre, loin devant le frottement des pneus. Vingt kilomètres-heure de moins réduisent donc la puissance à fournir dans une proportion bien supérieure.
Un peu plus de huit minutes pour 100 kilomètres parcourus en continu. Sur un trajet de 500 kilomètres, cela représente environ quarante minutes. En pratique, l'écart réel est plus faible, parce que les ralentissements, les péages et les pauses lissent la vitesse moyenne dans les deux cas.
Sur autoroute plate, oui, parce qu'il évite les variations involontaires de vitesse. Sur un parcours vallonné, il peut au contraire accélérer fortement en côte pour tenir la consigne, là où un conducteur laisserait la vitesse baisser légèrement. Le régulateur adaptatif, qui anticipe le véhicule précédent, se comporte mieux dans le trafic dense.